Grange Kornoutytch : article du Courrier

 

Le Courrier Picard : PUBLIÉ LE 23/10/2014 Par Marion Bertemes

Le plessier-rozainvillers : Un bâtiment en péril menace les habitants. Sa grange a beau être à deux doigts de s’effondrer sur la route, risquant de blesser ou tuer les passants, le propriétaire ne se décide pas à réagir. Le maire en a assez et passe à l’action.

 Il est des dossiers qui empoisonnent la vie des maires. Celui-ci en est un. Une fois élu, Patrick Goret a vite été interpellé par ses administrés : depuis des années, un bâtiment agricole menace de s’écrouler à l’extrémité du village. Situé à deux pas de la route, il pourrait, en s’effondrant, tuer ou blesser quelqu’un. L’édile prend les choses en main. Et s’aperçoit vite que la tâche ne va pas être facile.

«  Le bâtiment représente un danger, il va s’écrouler sur la chaussée, il pourrait y avoir un mort  », explique le maire. Qui contacte Karles Kornoutytch, le propriétaire qui n’a pu être joint pour cet article, dès mai 2014. Par courrier recommandé, il lui demande de consolider la grange. «  Elle représente vraiment un danger pour le village. En, plus du risque lié à la route, les portes ne sont même pas fermées, des jeunes entrent dedans, et si ça s’effondre… »

« Cette grange fait peur aux habitants »

Le propriétaire dit « oui, oui », tranquillise l’édile… et ne fait rien. En septembre, Patrick Goret, las d’attendre que se réalisent ces fausses promesses, saisit le tribunal administratif et demande une expertise. Un expert est mandaté. À son arrivée au Plessier-Ronzainvillers, il est accueilli par un Karles Kornoutytch en colère. «  Il a refusé de laisser rentrer l’expert. Quand nous avons appelé les gendarmes, il s’est sauvé  », raconte le maire. Le spécialiste visite le bâtiment en ruine et son verdict tombe, définitif : «  L’expert préconise de procéder d’urgence à la démolition (…) cet immeuble menaçant d’un péril grave imminent, la sécurité publique étant compromise. » Il réclame une intervention la plus rapide possible, «  avant le début de l’hiver  » en raison des risques accrus par le froid, la pluie et le gel.

Patient, Patrick Goret envoie une copie du rapport au propriétaire. En attendant que ce dernier se manifeste, le maire fait appel au conseil général. Un périmètre de protection est défini, la circulation est réduite à une voie, la plus éloignée du bâtiment. Et ? «  Le propriétaire n’a toujours pas commencé les travaux  », déplore Patrick Goret.

Pourtant, il est clair que la grange en a besoin. Ses murs se fissurent, les voisins témoignant voir ces crevasses s’agrandir de jour en jour. Le toit s’est déjà à moitié effondré, la charpente ne soutient plus rien. Même de loin, le bâtiment n’inspire pas confiance. Des carcasses de voitures qui rouillent au soleil, colonisées par les herbes, ajoutent à la désolation du bâtiment.

«  Cette grange fait peur aux habitants, tout le monde sait que c’est très dangereux et attend sa destruction  », continue Patrick Goret.

Destruction qui pourrait être engagée par la commune. À compter du 14 octobre, le propriétaire a 35 jours pour démolir son bien. S’il ne le fait pas, la commune commandera la destruction et présentera la facture à Karles Kornoutytch. Patrick Goret se prépare à recourir à cette éventualité. «  Ça fait des années et des années qu’il ne s’en occupe plus… Il ne fera certainement pas la démolition. »

Et si, comme avec sa décharge sauvage (voir ci-contre), il refuse ou ne peut payer, la commune saisira ses biens pour se rembourser.

Marion Bertemes

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